mercredi 20 août 2008

Croiser les griffes.

C'est rien qu'une histoire banale de vie. De naissance. Et de fin lointaine. En croisant les doigts. En croisant les griffes. C'est rien qu'une histoire banale d'amour. Entres fripouilles poilues et bestioles à grandes jambes. Une histoire d'amour comme toutes les autres. Rythmée de caresses, de bisous à tout va, de poursuites, de mots doux, de frayeur, et de réconfort. Et puis d'amour. Bien sûr. Le principal ingrédient d'une histoire, c'est l'amour. On dirait pas comme ça.. C'est rien qu'une histoire banale. Mais comme toute histoire, elle a un début. Insignifiant. Puisque seule la fin compte. Ou pas.




Ça débute par des piaillements. Non. C'est faux. C'est pas une histoire de piaillements. Ça commence par des miaulements. Intempestifs. Voilà. Des roucoulements. De partout. Des voix inconnues qui assaillent la cour. Des visites interdites entre amoureux. Oui. Ça commence comme ça. Et puis. Ça continue. Tout aussi pareil. Non. D'une autre façon. Plus lente. Plus calme.




Le ventre grossit. Lentement. Mais sûrement. Son appétit double. Voir triple. Et vient le moment. Elle ne passe plus la chatière. Elle ne sait plus où se mettre. Alors, elle s'allonge. Et n'en bouge plus. Jusqu'au moment. Le moment. Le vrai.




Ça continue par des piaillements. C'est vrai. Et on voit le miracle accompli. Un simple miracle. Banal. Comme cette histoire. Mais. Devant nos yeux. Deux boules de poil. Pas plus grandes que de simples souris. La tête rabougrie. Les yeux fermés. Les pattes maladroites qui tendent vers les mamelles pleines de lait chaud de leur mère. Ça dort. Ça tète. Ça piaille.




Et petit à petit. L'oiseau fait son nid. Le chat grandit pour mieux le chasser. Les yeux fermés, s'ouvrent. Les têtes rabougries, s'affinent. Les pattes deviennent sûre. On apprends à marcher. Puis courir. Galoper. Sauter. Mordre. Griffer. Mais surtout, ronronner. On apprend le réconfort d'une simple caresse. D'une petite attention. On apprend beaucoup de chose en deux mois. On apprend à se servir de sa tête. A faire une tête de fripouille pour amadouer les bestioles à grandes jambes. A faire des bêtises et s'enfuir à toute vitesse. A aimer la bestiole qui vous donne à manger tous les matins.

C'est vrai. L'histoire n'est pas finie. Mais on s'en fout. Je retire ce que j'ai dit. On sait tous comment ça finit. Ce qui compte, c'est les péripéties. Le milieu de l'histoire. Ce qui compte, c'est l'amour.

Aucun commentaire: